Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.
Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.
(extrait du sonnet)
Félix Arvers
Étranger dans la vie, étranger sur la terre
Le pays de ma vie est en terre étrangère –
Le désert sans mémoire et le gouffre sans nom
Où l’amour et l’attente ont bâti leur maison
La ténèbre immobile et le temps qui s’emmêle
L’horizon bâillonné, le rivage incertain
Où mon cœur s’est perdu, solitaire et fidèle
À connaître le sens et le but des chemins
(extrait)
Claude Sernet
source : « Poètes juifs de langue française », Jacques Éladan, , « Courcelles Publishing » 2010
J’ignore ! un mot, le seul par lequel je réponde
Aux questions sans fin de mon esprit déçu ;
Aussi quand je me plains en partant de ce monde,
C’est moins d’avoir souffert que de n’avoir rien su.
Louise Ackermann
Qui est fou
est-ce moi est-ce vous
est-ce le temps avec sa faux
ou la cloche qui sonne faux
est-ce le père est-ce l’enfant
est-ce le cerf ou bien le faon
la nuit et tous ses parfums
le rêveur et ses songes sans fin
celui qui mange sans avoir faim
est-ce vous est-ce moi enfin
C’est moi c’est vous
il faut aimer à la folie
croire au songe et à l’oubli
bien sage est qui l’avoue
Philippe Soupault