Au Médoc
Du soleil de ce jour la chaleur altérée
Jaunit les cheveux de la déesse Cérès,
Puis, il se retire ; et nous gagnons le frais,
Ma Marguerite et moi, de la douce soirée.
Nous parcourons les bois à pas égarés ;
Amour marche devant, et nous marchons après ;
Si le vert ne nous plait des épaisses forêts,
Nous descendons pour voir la couleur du pré.
Nous vivons libres d’émois et n’avons point de soucis
Des rois, ni de la cour, ni des villes aussi.
Ô Médoc, mon pays solitaire et sauvage !
Il n’est point de pays plus plaisant à mes yeux !
Tu es au bout du monde, et je t’en aime mieux :
Nous savons, après tout, les malheurs de notre âge.
Étienne de La Boétie
Titre original : « Ce jourd’huy, du soleil la chaleur altérée » (Du soleil de ce jour la chaleur altérée)
Source : « Anthologie de la Poésie française », Marcel ARLAND, éditions STOCK, 1942





















