L’Homme est entouré des créatures divines :
Des fleurs, des animaux et la gent féminine.
Barbara Botton
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes,
Ô mer, nul ne connait tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !
Plus de Dieu, rien au ciel ! ah ! malheur et misère !
Sans les cieux maintenant qu’est-ce donc que la terre ? –
La terre ! ce n’est plus qu’un triste et mauvais lieu,
Un tripot dégoûtant où l’or a tué Dieu,
…
Un ignoble clapier de débauche et de crime,
Que la mort, à mon gré, trop lentement décime ;
Un cloaque bourbeux, un sol gras et glissant,
Où, lorsque le pied coule, on tombe dans le sang ;
Les débris d’un banquet où, la face rougie,
Roule la brute humaine ; – une effroyable orgie !
Là sans frein, sans remords et prêt à tout métier,
La femelle s’étale à qui veut la payer ;
Quant au mâle il en rit, il blasphème, il parjure,
Il jette à tout visage et la boue et l’injure ;
Il tue, il démolit, il monte sur l’autel ;
Sur l’or saint du calice il pose un pied charnel ;
…
Tant la cupidité le travaille et le mange,
Tant l’or, ce dieu de boue, emplit son cœur de fange,
Tant le souffle du mal sur son front abattu
Avant le premier poil, fait tomber la vertu.
Auguste Barbier
Il s’est écoulé 5781 ans, depuis nos ancêtres, Eve et Adam,
et l’Homme ne respecte toujours pas les dix commandements.
Barbara Botton
