Barbara Botton
Près de l’étang où la libellule voltige,
Où, dans les soirs d’été, vient se baigner l’oiseau,
On aperçoit l’Iris qui tremble sur sa tige
Et semble un papillon posé sur l’eau.
Du bleu foncé des mers elle a reçu l’empreinte,
Prise à l’heure où la nuit noircit l’azur des cieux,
Seule parmi les fleurs elle offre cette teinte,
La plus chère à l’esprit et la plus douce aux yeux.
..
Des Zéphyrs printaniers docile messagère,
Comme une voile au vent toujours prête à flotter,
La forme de l’Iris, vaporeuse et légère,
Est l’image de l’âme en train de nous quitter.
Aux rayons de soleil qui brille sur la plage,
Sa transparence émet une lueur dans l’air,
Semblable au feu follet qui court avant l’orage
Et disparait soudain, absorbé dans l’éther.
Charles Rouvin
Du recueil « La Poésie des fleurs »
Là, dans la terre, comme un mort,
Y dormant de la même sorte,
Entre le ver et la cloporte,
La chenille attend son essor.
Cette humble et misérable chose
Couve, pour la gloire des airs,
Des buissons, des chemins déserts,
Sa magique métamorphose.
Elle deviendra fleur instable,
Le vivant écrin délectable
Du caillou, du roc, du sillon.
Elle sera, mutine et folle,
Cette petite âme qui vole,
Grâce et silence : un papillon !
Maurice Rollinat
source : Maurice Rollinat « Les Bêtes », Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle, éditeur, 1911
Le travail mène à la richesse.
Pauvres poètes, travaillons !
La chenille en peinant sans cesse
Devient le riche papillon.
Guillaume Apollinaire