En amour, il n’y a que les commencements qui soient charmants ;
Je ne m’étonne pas qu’on trouve du plaisir à recommencer souvent.
Prince de Ligne
ou Charles-Joseph de Ligne
Je suis la Journée
Vous, Ami, le Jour
Qui m’a détournée
Du fâcheux séjour.
D’aimer la Nuit, certes, je ne veux point,
Souvent licencieuse, elle vient à point.
Mais à vous toute être
Certes, je veux bien
Pour ce qu’en votre être
Repose tout bien.
Pernette du Guillet
extrait d’une chanson, titre original « Je suis la Journée », interprété par l’auteur du site, Barbara Botton
S’il faut nommer le ciel je commence par toi
Je reconnais tes mains à la forme du toit
L’été je dors dans la grange de tes épaules
Les hirondelles de ta poitrine me frôlent
Dressées contre ma joue les tiges de ton sang
Le rideau de ta chevelure qui descend
Je te cache pour moi dans la ruche des flammes
Reine du feu parmi les frelons noirs des âmes
Par l’automne épargnés, tes yeux sont toujours verts
Les fleuves continuent de passer au travers
Ton souffle achève au loin le clapotis de plaines
On ne sait plus si c’est le soir ou ton haleine
En hivers tu secoues la neige de ton front
Tu es la tache lumineuse du plafond
Et je ferme au-delà des mers le paysage
Avec les hautes falaises de ton visage
L’étrave du printemps glisse entre tes genoux
Lentement le soleil s’est approché de nous
Tu traverses la nuit plus douce que la lampe
Tes doigts frêles battent les vitres de ma tempe
Je partage avec toi la cinquième saison
La fleur la branche et l’aile au bord de la maison
Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse
Sur le mur le dernier reflet d’une caresse.
René Guy Cadou
Source : « Poésie la vie entière », Seghers, Paris, 2001
Tableau de Gustav Klimt
Français je suis, je m’en vante,
Et très haut, très clair, très fort,
Je le redis et le chante.
Oui, je suis Français d’abord.
Mais, n’ayez soupçon ni doute,
Pour le loyal que je suis,
La France, où mon âme est toute,
Ma France, c’est mon pays.
Ma France, l’intime France,
C’est mon foyer, mon berceau,
C’est le lieu de ma naissance,
Dans ce qu’il a de plus beau ;
C’est la terre où s’enracine
L’érable national,
C’est le ciel où se dessine
La croix du clocher natal.
[..]
Charles Nérée Beauchemin
Tableau de Maurice Utrillo « l’Eglise de Villiers-le-Bel »
La tonnelle est verte où la clématite
Brave le soleil et ses flèches d’or.
Dis-moi que demain, ma chère petite,
Tu consentiras à m’aimer encore !
Les yeux toujours bleus ne sont plus les mêmes,
Leur charmant azur est triste et voilé.
Dusses-tu mentir, dis-moi que tu m’aimes,
Mon cœur souffre et veut être consolé.
Tableau de Aleksander GIERYMSKI « Sous la tonnelle »