L’ombre jetait vers toi des effluves d’angoisse :
Le silence devint amoureux et troublant.
J’entendis un soupir de pétales qu’on froisse,
Puis, lys entre les lys, m’apparut ton corps blanc.
J’eus soudain le mépris de ma lèvre grossière …
Mon âme fit ce rêve attendri de poser
Sur ta grâce où longtemps s’attardait la lumière
Le souffle frissonnant d’un mystique baiser.
Dédaignant l’univers que le désir enchaîne,
Tu gardas froidement ton sourire immortel,
Car la Beauté demeure étrange et surhumaine
Et veut l’éloignement splendide de l’autel.
Éparse autour de toi, pleurait la tubéreuse,
Tes seins se dressaient fiers de leur virginité …
Dans mes regards brûlait l’extase douloureuse
Qui nous étreint au seuil de la divinité.
Renée Vivien
Source : « Poésies complètes » de Renée Vivien, éditeur « Librairie Alphonse Lemerre », 23-33 passage Choiseul, Paris, 1934 (MDCCCXXXIV)
La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.
Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.
Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.
George Sand
Source : « Anthologie de la poésie de George Sand », Joshua Laffont-Cohen, L’Harmattan, 2022
Il est, ou fait semblant, d’être poli et galant
avec des femmes et des filles charmantes,
à une condition, qu’elles soient élégantes.
Barbara Botton
« La beauté vient de l’intérieur », Mesdames,
car la beauté est un attribut de l’âme.
Barbara Botton