Un jour, je m’étonnai : Vive alouette,
Que de chants mélodieux peuvent jaillir
De ton étroit gosier !
Et ton humble calice, ô violette,
Que de doux parfums il peut contenir !
Puis, je dis au pommier :
A ton branchage brun et si menu
Tu portes tant de fleurs et tant de pommes !
– Mais, vous autres les hommes,
M’ont-ils, alors, ensemble répondu –
Vous portez bien, en un cœur si petit
Tout l’amour infini !
Richard Leander
Traduit de l’allemand par Mlle A. PONCHONT
Source : « Poèmes d’Outre-Rhin », traduits par A. PONCHONT, Henri Didier – Éditeur, mars 1939
Aimez vos mains afin qu’un jour vos mains soient belles,
Il n’est pas de parfum trop précieux pour elles,
Soignez-les. Taillez bien les ongles douloureux,
Il n’est pas d’instruments trop délicats pour eux.
C’est Dieu qui fit les mains fécondes en merveilles ;
Elles ont pris leur neige au lys des Séraphins,
Au jardin de la chair ce sont deux fleurs pareilles,
Et le sang de la rose est sous leurs ongles fins.
Il circule un printemps mystique dans les veines
Où court la violette, où le bluet sourit ;
Aux lignes de la paume ont dormi les verveines ;
Les mains disent aux yeux les secrets de l’esprit.
(extrait)
Germain Nouveau


L’aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes,
Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes.
La pâle violette, en son réduit obscur,
Timide, essaie au jour son doux regard d’azur,
Et le gai bouton d’or, lumineuse parcelle,
Pique le gazon vert de sa jaune étincelle.
Le muguet, tout joyeux, agite ses grelots,
Et les sureaux sont blancs de bouquets frais éclos ;
Les fossés ont des fleurs à remplir vingt corbeilles,
À rendre riche en miel tout un peuple d’abeilles.
(Extrait de « Le sentier »)
Théophile Gautier