Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !
Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !
Victor Hugo
Les nuages, ces solitudes
Où passent en mille altitudes
Les groupes sonores du vent.
Victor Hugo
Une certaine fantaisie
Inconnue à la bourgeoisie
Me permet de m’imaginer
Que j’ai toujours de quoi dîner.
Si mon cœur quelquefois s’élève
Vers l’idéale mer du Rêve,
J’invente alors des paradis
Que je peuple de mes amis.
Bien qu’elle soit pour moi mal faite
La vie est encore une fête :
J’adore son baiser vermeil,
Comme j’adore le Soleil.
Raoul Ponchon
tiré de « La muse frondeuse » Éditions Bernard Grasset, 1971