Ne réveillez pas Dieu, il dort
Profondément, c’est moi son rêve …
Le réveiller serait ma mort.
Jean Cocteau
Source : « Jean Cocteau » de Claude Arnaud, Éditions Gallimard 2003
La Vie que tu vois n’est qu’une Comédie,
Où l’un fait le César, et l’autre l’Arlequin,
Mais la mort la finit toujours en tragédie,
Et ne distingue point l’Empereur du faquin.
[…]
Ainsi qu’au cabaret l’homme demeure au monde,
Le plaisir et le vin se laissent avaler,
Le temps y dure peu tant que la joie abonde,
Et puis il faut compter, payer et s’en aller.
Pierre MATTHIEU
Extrait de « Tablettes ou quatrains de la vie et de la mort », Anthologie de la poésie française du XVIe siècle, Éditions Gallimard
La politique se moque de la mystique,
Mais c’est la mystique qui nourrit la politique.
[…]
Tout parti vit de sa mystique
Et meurt de sa politique.
Charles Péguy
Va, mon âme, au-dessus de la foule qui passe,
Ainsi qu’un libre oiseau te baigner dans l’espace.
Va voir ! et ne reviens qu’après avoir touché
Le rêve… mon beau rêve à la terre caché.
Moi, je veux du silence, il y va de ma vie ;
Et je m’enferme où rien, plus rien ne m’a suivie ;
Et de son nid étroit d’où nul sanglot ne sort,
J’entends courir le siècle à côté de mon sort.
Le siècle qui s’enfuit grondant devant nos portes,
Entraînant dans son cours, comme des algues mortes,
Les noms ensanglantés, les vœux, les vains serments,
Les bouquets purs, noués de noms doux et charmants
Marceline Desbordes-Valmore
Extrait de « Poésies » Éditions Gallimard, 1983 .