Lorsque chacun des dieux prit un arbre en partage,
Alcide, nous dit-on, choisit le peuplier ;
Le lierre, pour Bacchus, déploya son feuillage,
Apollon sourit au laurier.
De la céleste cour le monarque suprême
Au chêne décerna l’empire des forêts.
Minerve à l’olivier dit : » Tu seras l’emblème
De l’abondance et de la paix« .
J’ai une telle conscience de ton
être, rose parfaite,
que mon consentement te confond
avec mon cœur en fête.
Je te respire comme si tu étais,
rose, toute la vie,
et je me sens l’ami parfait
d’une telle amie.
Prends exemple sur la colline
Qui doit accoucher du raisin.
Elle, des feuilles de ses vignes,
Pourrait se contenter.
Pourtant, des châles en gazon,
De la fourrure des buissons,
Des bonnets, des manchons de thym
Où cachent leurs jeux les lapins,
Elle costume sa beauté.
– Et toi, coquette extravagante,
Qui de ta seule peau te gantes,
Avril, tu te crois en été !
Raymond Radiguet
Source : « Ouvres complètes » de Raymond Radiguet, Éditions Grasset & Fasquelle, 2023
L’Homme est entouré des créatures divines :
Des fleurs, des animaux et la gent féminine.
Barbara Botton