par admin
La grenouille
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RONSARD Pierre
Pour que ton rire pur, jeune, tendre et léger,
S’épanouisse en fleur sonore,
Il faut qu’avril verdisse aux pousses du verger,
Plus vertes d’aurore en aurore,
Il faut que l’air égal annonce le printemps
Et que la première hirondelle
Rase d’un vol aigu les roseaux de l’étang
Qui mire son retour fidèle !
Mais, quoique l’écho rie à ton rire avec toi,
Goutte à goutte et d’une eau lointaine,
N’entends-tu pas gémir et répondre à ta voix
La plainte faible des fontaines ?
Henri de Régnier
source « Œuvres de Henri de Régnier », Mercure de France 1913
Le soir et le matin, la nuit baise le jour ;
Tout aime, tout s’embrasse et je crois que le monde
Ne renaît au printemps que pour mourir d’amour.
Saint-Amant
Il n’est pas de rose assez tendre
Sur la palette du Printemps,
Madame, pour oser prétendre
Lutter contre vos dix-sept ans.
La peau vaut mieux que le pétale,
Et le sang pur d’un noble coeur
Qui sur la jeunesse s’étale
De toutes les roses est vainqueur !
Théophile Gautier
Extrait de « Émaux et Camées »
illustration : tableau de William James Glackens « Julia’s Sister »
Était-ce sa jeunesse, était-ce le printemps ?
Était-ce son œil pur et doux avec finesse ?
Était-ce le concert des bois verts et chantants ?
Était-ce printemps, était-ce sa jeunesse ?
Je devins amoureux de ses quinze ou seize ans,
Et je la dominais, fort de mon droit d’aînesse ;
Mais comme je trouvais ses caprices charmants,
Je crois bien que c’est eux qui me tenaient en laisse.
Albert Mérat
(extrait du sonnet)
Source : « Vers oubliés », Alphonse Lemerre Éditeur, 1902
Affiche de Rafal Olbinski