L’amour me donne des ailes
et je plane en marchant,
je te vois l’hirondelle,
et t’entends dans le vent.
Barbara Botton
Où te trouverai-je ? Au bout de quelle route sombre
Ton corps interdit sent-il l’étreinte de mon rêve ?
Dans quel océan tes yeux de feu voient-ils mon Ombre
Qui cherche à tâtons l’Amour fuyant, de grève en grève ?
Je sais ta tristesse et tes brûlants désirs sans nombre ;
Tu vis quelque part ton existence amère et brève.
Où te trouverai-je ? Au bout de quelle route sombre
Ton corps interdit sent-il l’étreinte de mon rêve ?
Pendant que mes doigts frôlent le cœur fuyant du Nombre,
Tâchant d’allonger le crépuscule qui s’achève,
Dans quel océan tes yeux de feu voient-ils mon Ombre
Qui pleure à jamais l’Amour perdu, de grève en grève ?
Armand Godoy
source : « Anthologie de l’œuvre poétique de Armand Godoy », Éditions Bernard Grasset, 1960
Tu gardes dans tes yeux la volupté des nuits,
Ô joie inespérée au fond des solitudes !
Ton baiser est pareil à la saveur des fruits
Et ta voix fait songer aux merveilleux préludes
Murmurés par la mer à la beauté des nuits.
Tu portes sur ton front la langueur et l’ivresse,
Les serments éternels et les aveux d’amour,
Tu sembles évoquer la craintive caresse
Dont l’ardeur se dérobe à la clarté du jour
Et qui te laisse au front la langueur et l’ivresse.
Est-ce vous que j’ai tant aimée
Et qu’à présent j’aime si peu ?
Se peut-il que d’un si grand feu
Il ne reste point de fumée ?
François de Maucroix